À Oulan-Bator, les pays africains veulent faire de la COP17 un moment clé pour accélérer la lutte contre la dégradation des terres, la sécheresse et l’insécurité alimentaire. Réunis avec les 196 États parties et l’Union européenne à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), ils plaident pour des engagements concrets face à une crise qui touche directement le continent.
Selon la CNULCD, près des deux tiers du territoire africain sont constitués de déserts ou de zones arides, tandis qu’environ 75 % des terres sont dégradées. Cette situation compromet la productivité agricole, fragilise les moyens de subsistance et accentue les effets des sécheresses, notamment dans le Sahel et la Corne de l’Afrique.
Un protocole mondial sur la sécheresse
Le Groupe africain des négociateurs, présidé par l’Ivoirien Jean Kouakou Kouadio, défend l’adoption d’un protocole international juridiquement contraignant sur la sécheresse, soutenu notamment par l’Afrique du Sud, le Maroc, le Togo, le Zimbabwe et l’Égypte. Les États africains estiment qu’un tel accord permettrait de renforcer les systèmes d’alerte précoce, de sécuriser les financements pour l’adaptation agricole et de mieux anticiper les crises humanitaires.
Combler le déficit de financement
La restauration des terres et le renforcement de la résilience nécessiteraient 355 milliards de dollars par an entre 2025 et 2030, alors que les investissements prévus n’atteignent que 77 milliards de dollars, laissant un déficit annuel de 278 milliards.
Les délégations africaines attendent que les promesses formulées lors de la COP16 à Riyad se traduisent en financements effectifs pour l’irrigation, la gestion de l’eau, la régénération des sols et le développement de semences plus résistantes.
Relancer la Grande Muraille verte
Les négociateurs souhaitent également replacer la Grande Muraille verte au cœur des priorités internationales. Cette initiative vise à restaurer 100 millions d’hectares, créer 10 millions d’emplois ruraux et séquestrer 250 millions de tonnes de carbone d’ici 2030. À ce jour, environ 20 millions d’hectares ont été restaurés, un résultat encore éloigné des objectifs fixés.
Le pastoralisme comme solution
Déclarée Année internationale des parcours et des pasteurs, l’année 2026 met en avant le rôle du pastoralisme dans la gestion durable des zones arides. Les pays africains défendent cette approche comme un levier pour préserver les écosystèmes, renforcer la résilience des communautés rurales et réduire les tensions liées à l’accès à l’eau et aux pâturages.
Au-delà des négociations techniques, les délégations africaines veulent faire de la COP17 un test de la capacité de la communauté internationale à transformer ses engagements en actions concrètes pour restaurer les terres, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir durablement les populations les plus vulnérables.